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N'ayez pas peur, un enfant roi ça n'existe pas !


L'enfant n'est pas roi. Il a seulement compris qu'il existait des valets.


« Les enfants sont gâtés pourrit » « Les enfants de nos jours sont tellement mal élevés » « Les enfants ne savent plus c’est quoi le respect ». Les enfants… les enfants … les enfants… Tous petits, ils se roulent par terre en plein milieu des centres commerciaux et les regards nous amènent à nous questionner s’ils ne sont pas des extraterrestres. Ils répondent avec des « pfft ». Arrive le jour où ils rejettent du revers de la main la fiche de réflexion que l’enseignante ou l’éducatrice lui remet pour s’être battu. Plus tard, ils prennent la décision de rentrer à 22h au lieu de 21h. Ils décident quoi manger au souper et quoi regarder à la télévision. Bref, qu’on se le dise… ça fait dur! Mais que se passe-t-il avec nos enfants d’aujourd’hui, pour qu’on les nomme enfant roi ?


D’entrée de jeu, je dois vous confier que les trente dernières années de ma vie ont été la plus grande école de ma vie. Vous savez pourquoi? Parce que je les ai passés entourée d’enfants et de familles. De leur naissance à leur crise d’adolescence, j’ai vu passer dans les yeux des enfants autant de lumière que d’obscurité. Du cri de joie au cri d’alarme en passant par le cri du cœur, les enfants m’ont appris à les comprendre ou du moins, à détecter ce que j’appelle, leur langage émotionnel. Demandez-moi si mes cours du Cégep et ceux de l’Université m’ont appris la même chose ? Ma réponse, TELLEMENT PAS !!!

Puis, vainc le jour où j’ai entendu pour la première fois, « cet enfant est un enfant roi ». Je croyais avoir enfin compris ce qui justifiait autant ce comportement, désobéissant, déplaisant et égoïste. Il était le roi de la place, le roi de la société, le roi de la classe, le roi de ses bobettes en fait, celui qui contrôle tout. Tout ça avait un sens, puisque définitivement, cet enfant semblait tout contrôler. Mais quelque chose me dérangeait vraiment… Un roi ne le devient-il pas par acclamation, par procuration ou par élection? Dans le dictionnaire Larousse nous retrouvons la définition du mot roi tel que; personne qui, en vertu de l'élection ou de l'hérédité, exerce, d'ordinaire à vie, le pouvoir souverain. Bref, si je pousse mon jugement à comprendre cette petite tête couronnée, il serait choisi, élu ou naîtrait prédisposé à devenir un souverain. À cet égard, qu’est-ce que nous pouvons donc lui reprocher ? J’ai une petite idée, mais avant de vous en parler, laissez-moi vous confier mes autres pistes d’enquêtes.


Par la suite, au fil du temps, je ressentais toujours un peu cette amertume vis-à-vis de ce nouveau titre ou rôle que l’on attribuait à l’enfant. Comment un être encore dépourvu de connaissances, d’expériences et de pleine conscience pouvait avec seulement comme bagage une ritournelle d’émotions, contrôler totalement l’adulte qui l’entoure? Je me suis donc penché sur la question et je me suis mise à observer et à écouter. Non seulement, j’étais bien placé pour appliquer mes stratégies d’enquête, étant donné mon quotidien auprès des enfants et des familles, mais je suis aussi une maman. J’ai donc commencé l’analyse de mon travail sur moi-même avant de m’aventurer chez le voisin. Donc, je pouvais 24/24 heures, analyser comment l’enfant finissait par arriver à ses fins. Ouf, ça me ramène à de beaux souvenirs étant donné que je suis maintenant, une grand-maman 😊


En vertu du respect que j’avais pour les familles, les parents, les enfants et mes collègues de travail, je me suis faite très discrète et surtout l’avocat du Diable. Plus j’avançais dans mon questionnement, plus je tentais de trouver des réponses et plus je commençais à comprendre certaines choses. La description de l’enfant roi tel que je l’entendais; capricieux, égoïste, criseux, colérique, fainéant, allant même jusqu’à soulever un phénomène de narcissisme, était complètement erronée. Malgré le fait que je sois consciente que les grands psychologues, philosophes, professionnels de l’éducation et sûrement, des parents me lanceront des tomates, c’est au nom des enfants et de toute l’admiration que j’ai pour eux que je vous annonce que tout est complètement FAUX. L’enfant roi ça n’existe pas !!!! À tout le moins, il ne le devient pas de lui-même. Je vais vous dévoiler pourquoi, mais si à ce moment même de cette lecture, vous croyez que je suis dans les patates, sautez tout de suite à la conclusion, car le reste risque royalement de vous déplaire. Mais par curiosité, restez donc, tout d’un coup que… comme moi… vous traitiez notre supposé petit roi autrement. (Clin d’œil)


Alors continuons…


À un certain moment, je me suis mise à observer autre chose que l’enfant. Eh oui, autre chose, son environnement. Wow !! Incroyable ce qui se retrouve dans la vie d’un enfant. Nous l’avons tous été me direz-vous? Eh oui! C’est vrai et je ne peux certainement pas vous contredire, nous l’avons tous été. Maintenant si je vous posais la question. Et vous, étiez-vous un enfant roi? Ou plutôt, je devrais commencer par de quelle génération êtes-vous? Parce que …oui… dépendamment de la génération les repères du développement de l’enfant ont des variables. Ils ont changé, évolué, progressé, appelez-les comme vous voulez. Pour ma part, je crois qu’ils ont simplement régressé. À mon sens, c’est une bien triste hypothèse.


À l’instar de ce postulat, ce n’est pas par hasard que je me suis intéressée à ce phénomène. Je ne pouvais plus supporter le fait que l’enfant à qui l’on donne tant de pouvoir finisse par devoir encaisser des condamnations qu’il ne mérite pas. Je vous le confirme, l’enfant roi n’existe pas. En fait, il n’est que le petit être qui a compris comment faciliter la transition entre chez papa et maman. Celui qui a compris que maman et papa sont fatigués de leurs dures journées à travailler pour payer ce qu’il y a de mieux pour lui; le camp de jour, le cinéma maison, le vélo bleu parce que le rouge est défraîchi, les vêtements de marque pour ne pas être le rejeton de l’école. Celui qui choisira ou la famille passera les prochaines vacances d’été. Celui qui aura droit à une surprise si tout se passe bien au centre d’achats. Celui qui tranchera la question au nouveau choix du mobilier de sa chambre. Celui qui sera soumis à une parlementerie démocratique pour qu’il puisse comprendre que l’heure du bain est à 18h30 au lieu d’être après son émission de télévision. Celui qui sera récompensé pour ses résultats qu’ils soient faibles ou forts tout simplement parce qu’il est la fierté de la famille et non pour les efforts qu’il a faits. Au fond, celui qui a compris que son savoir-faire était beaucoup plus gagnant que son savoir-être.


En vérité, l’enfant n’a pas systématiquement les compétences pour comprendre. Par contre, il a cette force incroyable de ressentir. De pouvoir faire ce qu’il veut et tout décider seulement en jouant la scène de la manipulation ou de la crise d’hystérie devient pour lui le seul moyen de communication qu’il a trouvé pour compenser la présence des gens qu’il aime, de l’horloge qui lui vole le temps de qualité qu’il souhaiterait qu’on lui donne. Et tristement, trop souvent, ce petit être doit combler ou peut-être tente-t-il d’oublier l’absence de moyens pour le guider à vivre chaque étape de son développement, afin qu’il soit épanoui et devienne un adulte responsable et respecté.


Pour tout dire, l’enfant mérite tellement d’être couronné, car aujourd’hui en 2018, je dois reconnaitre qu’il faut être fort, courageux et résilient pour être un enfant. Par conséquent, oui l’enfant est devenu difficile, contrôlant, survolté, arrogant et à la limite mal élevée, mais une chose est certaine, il n’en est pas responsable. En d’autres termes, nous jouons les victimes d’un supposé manque d’éducation alors que nous sommes, les éducateurs ☹


À tout le moins, je vous le dis, il n’y a pas d’enfant roi, il n’y a que des adultes valets.


Sandra Mathieu

Présidente V.I.P De L'Éducation

C.P en milieu de garde

T.E.E

Coach en relations familiales


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